Lettres chargées

Lettres chargées : Lettre assurée contre les risques de perte, de détérioration ou de spoliation par le paiement d’une taxe supplémentaire.
Le chargement existe formellement depuis 1759. La lettre chargée telle qu'on la considère à cette époque est une lettre dont on assure le contenu qui n'est pas vénalement précieux.
Selon les périodes, la loi a autorisé et réglementé ou interdit la possibilité pour les usagers de glisser dans leurs lettres chargées de l’argent, de l'or, du papier monnaie ou tout autre valeur.
La marque "chargée" est rare avant 1789. C'est à partir de 1790 que les lettres chargées deviennent plus courante.
L’opération de « chargement » ne pouvait se faire qu'au Bureau de Poste.
Les lettres chargées renfermaient de l'argent, parfois des sommes importantes. Le chargement était alors considéré comme notre actuel "recommandé".
A partir du 1er juillet 1854 (loi du 20 mai 1854), les lettres chargées et les lettres recommandées ne forment qu'une seule catégorie de lettres, sous le titre de lettres chargées (les lettres recommandées sont supprimées). Il était perçu pour chaque lettre chargée une taxe fixe de 20 centimes en sus du port réglé par les tarifs pour la lettre ordinaire. L'affranchissement est obligatoire (étaient maintenues les autre dispositions de la loi du 5 nivôse an 5 concernant les lettres chargées).
En juin 1859, la réglementation a de nouveau autorisé la possibilité d'envoyer sous enveloppe des billets de banques, des titres ou des bons aux porteurs.
La valeur mise sous pli est déclarée et écrite sur cette enveloppe (valeur déclarée). La Poste s'engageait, en cas de perte ou de vol, à rembourser le montant déclaré. Toutefois, en cas de chargement sans valeur déclarée, la Poste devait s'acquitter d'un forfait de 50 francs en cas de perte ou vol durant son transport. Les lettres chargées étaient déposées au bureau de Poste et affranchies. La griffe rouge "chargé" était apposée sur le pli, le montant de la valeur déclarée, le numéro d'inscription, le cachet à date du bureau. Les timbres sont normalement oblitérés par le losange du bureau qui traite la lettre et est apposé au verso de la lettre, à partir du 1er juillet 1859 (B.M. n°46 de juin 1859 - circulaire n°129), un cachet comportant l'indication du descriptif de chargement.
Les lettres "chargées" en provenance d'une origine rurale sont excessivement rares.

Quelques exemples :


Sens - marque P.83.P. SENS noire (8x22 mm)
+ CHARGE / SENS (12x22 mm) encadré - 1805

>Sens 07

Saint-Fargeau - cachet type 14
+ griffe CHARGE en noir et marque de port payé [P.P.] - 1834

Saint Fargeau 13

Affranchissement à 40c (20c de port et 20c droit fixe) - Tarif du 1er janvier 1862
Valeur déclarée : trois cent franc
Lettre de Sens-sur-Yonne pour Lyon du 27 mars 1862

Sens 66

Affranchissement à 2f 90 (40c de port, 50c droit fixe et 2f pour la valeur déclarée)
Valeur déclarée : neuf cent soixante dix franc
Tarif du 1er février 1873
Lettre de Ligny-le-Châtel pour Paris du 12 novembre 1874

Ligny le Chatel 07

BULLETIN DE CHARGEMENT


Un récipissé du dépôt du chargement est remis à l'expéditeur de la lettre, ci-dessous un exemple d'un dépôt réalisé au bureau de Saint-Sauveur-en-Puisaye :

Bulletin de chargement